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Répondre au questionnaire. J’ai participé à la réunion de quartier Michelet (au lycée professionnel Desnos) le 28 février dernier.
Dès le départ, (21 h 10 ! il faut être courageux ! qui peut venir à une heure pareille ? 20 personnes maxi) le Maire dans une étonnante polémique (avec effets de manches) s’est mis a critiquer l’opposition qui propose l’examen du budget communal en réunion publique. Raillant au passage Ségolène Royal et ses débats participatifs.
La démocratie participative, horreur, nous a t-il expliqué en substance ! Impossible !
Au fond pour le maire, en réunion de quartier, le citoyen Crépynois serait juste bon à venir lui servir d’agent indicateur pour lui signaler “les trous dans la chaussée “, “le lampadaire qui ne fonctionne pas” ou “les crottes de chien sur le trottoir”.
Bref, rien de plus. Mais de là à expliquer aux citoyens le budget communal, vous n’y pensez pas : “c’est trop compliqué, ils ne vont rien comprendre ! Vous avez vu la taille des documents budgétaires…. qui peut comprendre tous ces chiffres, d’ailleurs il n’y a personne dans le public au conseil municipal…. ” etc.
Bien sûr, vous l’avez compris, j’ai une autre conception de la démocratie locale. La participation des habitants à la préparation du budget communal est possible. Tous les habitants doivent être incités à s’impliquer dans la vie locale de sorte que la démocratie participative soit érigée en mode permanent de gouvernement.
Les occasions d’exercer une « imagination participative » ne manquent pas : conseils et repas de quartier, élaboration du budget communal avec les habitants, constitution de groupes de citoyens chargés de préparer un avis sur une question… . Je vous invite à lire le livre du sociologue Antoine Bevort sur ce sujet (Presses de Sciences-Po, 134 pages, 12 €. ). Ou aussi le livre de Jean-Jacques Degrange “Construisons une démocratie participative” (®Alotime éditions). Il y évoque un ambitieux projet :
- Une structure nationale chargée d’animer et de gérer la démocratie participative pour le compte de toutes les collectivités locales et nationales ;
- L’institutionnalisation de la participation à différents stades de la vie politique nationale et locale ;
- L’usage des technologies de l’information et de la communication pour développer l’interactivité entre les élus et les citoyens ;
- L’introduction de la pratique démocratique, et l’apprentissage qui s’y attache, au sein même du système éducatif qui doit être également l’école de la citoyenneté.
C’est la loi relative à la démocratie de proximité adoptée le 13 février 2002 (sous le gouvernement Jospin) qui a eu pour objet premier l’approfondissement de la démocratie locale. Cet approfondissement concerne la démocratie participative, qui permet aux habitants d’être mieux associés à la vie locale (titres I et IV). Donc, ce n’est pas nouveau : si, peut-être pour le Maire de Crépy !
De très nombreuses villes en France, de toutes tailles, pratiques la discussion budgétaire avec les habitants (choix des investissements, coûts des services publics, impôts…).. Saint-Denis, Angers, même Paris s’ y est mis. Le Maire de Crépy cite souvent l’action exemplaire du Maire de Paris pour lutter contre “le tout voiture”, il devrait également suivre attentivement ce qui se pratique dans le IVe, le Xe, le XIIIe et le XVe en matière de démocratie participative. Même une ville de droite comme Issy-les-Moulineaux, pratique “le budget participatif” de quartier ! Plus près de nous dans l’Oise, la Ville de Creil ou Montataire sont exemplaires.
Ce que ferait une équipe de gauche à la Mairie : ne plus décider seul.
Prendre les décisions en commun avec les citoyens pérennise le service et sa qualité, et les connaissances acquises au cours des discussions préalables renforcent la légitimité des choix : je suis sûr que la participation à la décision génère une satisfaction accrue. La co-décision assure des services publics réactifs, qui répondent aux priorités fixées en concertation avec la communauté des habitants, et développe chez ces derniers un fort sentiment de responsabilité et d’appartenance.
Si vous le souhaitez, je vous propose de répondre au questionnaire en ligne (21 questions), sur l’avenir de Crépy, une forme de démocratie participative également